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La pêche : un vrai danger pour nos océans

19 août 2021

La pêche : un vrai danger pour nos océans

La surconsommation de viande est un sujet que l’on retrouve souvent dans l’actualité, mais on entend moins souvent parler de ce qu’il se passe sous l’eau. Pollution plastique, captures accidentelles, destruction des fonds marins, libération de CO2… Connaissez-vous réellement l’impact des techniques de pêche sur l’environnement ? On vous explique ici l’impact écologique de la pêche et des potentielles solutions pour protéger les écosystèmes marins.


L’ampleur des activités de pêche 

On estime qu’en moyenne 20,5kg de poisson sont consommés annuellement par personne dans le monde. D’un continent à l’autre, ce chiffre varie grandement. Il tombe à 9,9 kilos en Afrique, contre 21,6 en Europe ou 24,1 en Asie. Cette consommation mène à la pêche d’environ 90 millions de tonnes de poissons, crustacés, mollusques et autres animaux aquatiques chaque année dans nos mers et océans.


La consommation de poissons a doublé depuis les années 1960 grâce à l’essor de l’élevage aquatique, appelé aquaculture. De ce fait, 34% des espèces marines sont surexploitées contre à peine 10% dans les années 1970. Néanmoins, la production de poisson n’est pas seulement dédiée à notre alimentation mais également à l'alimentation des élevages eux-mêmes.


La surpêche et la surconsommation de poissons est un réel fléau pour nos espaces marins, mettant en péril la biodiversité et l’équilibre de ses écosystèmes fragiles. Mais l’élevage de masse et la surpêche ne sont pas les seuls dangers pour nos amis sous l’eau…


La pollution plastique des océans

 pollution plastique océans

Nos océans regorgent de trésors mais également de déchets polluants et dangereux pour la vie des poissons. On estime notamment que 100 000 animaux marins périssent chaque année à cause des déchets plastiques retrouvés dans les eaux.


Le matériel laissé par les pêcheurs qui ne se soucient guère de le récupérer représente 640 000 tonnes de déchets abandonnées chaque année en mer et ce matériel met en moyenne 600 ans à se désintégrer, selon l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture. Au total, c’est plus de 85% des déchets plastiques retrouvés dans les eaux qui proviennent de la pêche.


Les gouvernements et organisations de lutte espèrent pouvoir sensibiliser le plus grand nombre de pêcheurs afin qu’ils récupèrent leurs filets et autres matériel dangereux ou bien, à défaut, qu’ils payent des amendes. Toutefois, il est très difficile de faire respecter ce type d’obligation dans la mesure où 64% des océans sont des zones internationales et échappent à la souveraineté des pays.


Des espèces pêchées par erreur


Les grands filets de pêche ne permettent pas de faire du tri. Beaucoup d’espèces qui n’intéressent pas forcément les pêcheurs se retrouvent fréquemment piégés dans les filets : dauphins, baleines, tortues…


D’après l’association Sea Shepherd, plus de 4 300 cétacés se sont échoués sur les plages depuis 2016, morts après avoir été capturés involontairement. On estime ainsi qu’en 2019, 11 300 dauphins communs, des mammifères marins protégés, sont probablement morts après avoir été arrachés de leur milieu naturel.


Pourtant des solutions existent : les répulsifs acoustiques sont obligatoires sur les bateaux de pêche depuis le 1er janvier 2020. D’autres dispositifs comme des lumières vertes posées sur les filets feraient chuter les captures accidentelles de près de 75% pour les tortues et 70% pour les petits cétacés, sans pour autant effrayer les poissons visés. Des recherches sont encore en cours sur ces solutions.


La pêche au chalut : la bête noire des fonds marins

Autre problème pour nos amis aquatiques : le «raclement» des fonds par les bateaux de pêche au chalut, pourtant illégale dans les eaux européennes en eaux profondes depuis 2016 mais toujours autorisée dans les eaux internationales, viennent mettre en péril les écosystèmes marins. Ces bateaux disposent de longs filets en forme de cône qui sont remorqués par le bateau et viennent racler la surface des eaux profondes.


Chaque année, 4,9 millions de km² seraient ainsi raclés par les chaluts, soit 1,3 % de la surface océanique.


D’autre part, ce type de pêche rejette énormément de CO2 : les bateaux de pêche au chalut entraîneraient le dégagement de 600 à 1 500 millions de tonnes de CO2 par an (auparavant stocké dans les fonds marins), soit davantage que le transport par avion (918 millions de tonnes en 2018)


Les conséquences sur les écosystèmes marins dues à la pêche au chalut sont non négligeables. Elle détruit les habitats naturels et arrache les organismes posés sur le fond, sans distinction d’espèces.


Instaurer des zones protégées dans les zones abritant beaucoup de carbone sédimentaire (CO2 présent dans les fonds marins) serait une solution viable pour réduire considérablement les risques de libération de ces gaz. Il suffirait ainsi de protéger 3,6% des océans pour éliminer 90% du risque de perturbation du carbone sédimentaire.



Quelles solutions pour protéger la biodiversité marine ?


Heureusement, des associations se battent pour la protection de nos océans : c’est le cas de Sea Shepherd, association 100% indépendante qui mène des opérations dans le monde entier depuis 1977. 


Leur but : faire respecter les lois qui protègent les océans grâce à des actions directes, et en collaboration avec les autorités nationales.

Par exemple, avec leur action «Dolphin Bycatch », les équipes de l’association sillonnent la côte Atlantique de nuit pour filmer les prises de dauphins dans les filets de pêche, afin d’alerter le grand public sur la réalité de la pêche et les massacres qui ont lieu au large de la France.


Enfin, en tant que citoyen, il est possible de contribuer à la protection des océans en réduisant sa consommation de poissons et crustacés, de soutenir des associations, d’en parler à vos proches et de sensibiliser au maximum sur le sujet !

Nous vous conseillons également de visionner le film documentaire Seaspiracy qui parle de l'impact environnemental de la pêche.


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